Nombre total de pages vues

mardi 19 juillet 2011

Siddhagad Trek

21 mai 2011 : Aujourd’hui je me prépare pour une randonnée de deux jours au fort de Siddhagad. Après avoir fait mon paquetage, je file direction Vikhroli pour rejoindre Dadar Station avant 12h. Arrivé à la station, j’appelle Sameer qui m’annonce qu’il aura une heure de retard  (je me ferai jamais à l’heure indienne^^). Après 60 minutes d’attente sur le quai, Sameer et d’autres randonneurs me rejoignent. Nous prenons un train en direction de Kalyan Railway qui se trouve à une heure de Mumbai.

Arrivés sur place, nous prenons un bus qui nous emmène au village de Murbad. L’entrée dans le bus est assez marrante, c’est une vraie mêlée ! Ici vous pouvez oublier tout ce que vous avez appris sur la politesse, c’est marche ou crève !! Certains indiens passent même par les fenêtres pour être sur d’avoir une place… pourquoi pas^^
Après 2h de trajet dans ce bus sans climatisation nous arrivons  au village où des jeeps nous attendent. Sur place, nous faisons une halte chez un marchand de pastèque pour se désaltérer. Etant éloigné de la capitale du Maharashtra la population locale ne doit pas avoir l’habitude de voir un étranger car tout le monde me dévisage et même quelques enfants viennent discuter avec moi. Après quelques échanges avec eux, un des enfants revient avec une tranche de pastèque et me dit : «Welcome in India ! » avec un grand sourire. Je le remercie chaudement et nous nous dirigeons désormais au pied des montagnes de Siddhagad.

Avant l'effort, le réconfort
Avant de démarrer la randonnée, les organisateurs sortent un gâteau pour fêter les 5 ans de l’association. Ambiance festive pour le début de cette aventure donc^^
Nous commençons la marche, le paysage est vraiment superbe avec le coucher de soleil sur les falaises environnantes. Nous passons à coté de petites fermes assez typiques. En levant les yeux, je peux voir des singes sauter d’arbres en arbres.

Une habitation
Le ravitaillement
Nous atteignons un petit village où mes collègues peuvent se ravitailler en eau dans le puits à proximité. Le calme du village me fait totalement oublier les klaxons de la mégapole. Une fois avoir pris quelques photos, nous continuons notre route qui commence à être de plus en plus en pente. Le soleil se couche, nous allumons nos lampes torches. La marche de nuit augmente la difficulté et il n’est pas rare de devoir rebrousser chemin. Nous arrivons enfin jusqu’à une arche en pierre délimitant l’entrée du village se trouvant sur le plateau. Nous devions visiter un temple non loin d’ici mais étant plus de 21h, il est interdit d’y accéder : malheureusement je n’en connais pas la raison, et malgré mes interrogations personne n’a pu me répondre. Nous nous rapprochons du village quand Sameer nous demande d’éteindre nos lampes torches. A ce moment, j’assiste à l’un des plus beaux spectacles que j’ai eu la chance de voir pendant mon voyage. Des milliers de lucioles autour de nous faisaient scintiller les arbres de la forêt. C’était tout simplement magique comme sorti d’un rêve et d’un film en 3D réalisé par James Cameron…
Quelques mètres plus loin, nous atteignons le village où tous les habitants étaient réunis sur place pour chanter et danser.

Après s’être lavé les mains et le visage au puits, nous sommes allés prier au temple du village avant de manger. Les villageois nous offrent quelques mets avant de nous indiquer l’endroit où nous pouvons dormir. En effet, suite à cette dure journée, il est l’heure d’aller au lit. Dans la pièce qui nous est attribuée, je note quelques altères posées au sol ainsi qu’un poster de bodybuilding sur le mur… Qui aurait pu croire que dans un village aussi éloigné de la civilisation occidentale, on puisse retrouver une salle de musculation avec un ami du gouverneur de Californie sur le mur…
Plus tard, en préparant mon sac de couchage, un de mes camarades nous appellent, il vient de découvrir une mue de cobra… Je sens que je vais passer une bonne nuit… Néanmoins la fatigue a eu raison de moi plus vite que prévu.

 
Le lendemain matin, nous nous levons aux aurores pour profiter de la fraicheur matinale. La montagne est encore embrumée. Nous laissons nos affaires au village et prenons le strict nécessaire pour cette ascension qui s’avérera plus périlleuse. Je m’arme donc d’une bouteille d’eau et de mon appareil photo^^
Comme je vous le disais la difficulté est plus importante aujourd’hui avec des chemins plus escarpés, des marches de 50cm et une pente assez friable. Hemant m’explique que c’était stratégique puisqu’il était difficile pour les troupes ennemis d’atteindre le fort. De plus, les britanniques ont détruits une bonne partie des marches à la suite de la prise du fort, histoire de rajouter encore un peu de piment, mais je ne pense pas que cela était nécessaire, surtout en Inde…

Durant la montée, nous passons devant  une petite caverne qui faisait office d’abri pour le prêtre se recueillant dans les montagnes, quelques réservoirs d’eau naturels se trouvent aux alentours de l’abri. Leur remplissage se fait durant la période de la mousson qui lui permet de faire un stock pour l’année entière. Nous continuons notre ascension, nous voila désormais dans un épais brouillard, plus que quelques mètres avant le sommet. L’addition de la brume et du vent ajoute une ambiance mystérieuse autour des vestiges encore debout de l’ancien fort.
Nous marchons désormais jusqu’à la citadelle se trouvant en contrebas. Le brouillard commence à se dissiper et nous dévoile un magnifique panorama composé de grandes plaines et de plateaux verdoyants illuminés par quelques rayons de soleil transperçant la couche nuageuse.
Nous faisons désormais face aux ruines de l’ancienne tour. En voyant le vide qu’elle surplombe et le temps qu’on a mis pour rejoindre le lieu, je comprends pourquoi elle était réputée imprenable.
Nous faisons désormais une pause bien méritée et profitons de la vue pour prendre quelques clichés.


Vue du fort


20 minutes plus tard, nous entamons le chemin du retour pour arriver au village à l’heure du déjeuner. Au menu, salade de semoule avec oignons, épices  et … piments. Maintenant le ventre bien rempli, nous faisons notre paquetage pour rejoindre les jeeps sur l’autre flan de la montagne. Sur le chemin, nous en profitons pour visiter le temple que l’on devait rejoindre la veille. La bâtisse en elle-même n’a rien d’exceptionnelle puisqu’elle ressemble aux autres maisons que l’on trouve dans la région. Par contre les différentes sculptures entourant celle-ci et remontant de plusieurs siècles sont vraiment intéressantes. Sameer me décrit une de ces sculptures et m’explique que celle-ci raconte l’histoire d’un guerrier mort au combat.

Sameer faisant le mariole
Nous atteignons un dernier sommet avant la descente jusqu’au point de rendez-vous. La dernière partie de ce trek se fait au milieu d’une forêt assez dense où la chaleur et l’humidité sont insoutenables, et pour corser le tout j’ai terminé ma dernière bouteille d’eau. Il nous reste deux heures de marche et je sens déjà ma gorge se dessécher. L’eau en Inde est un véritable problème puisqu’il est très difficile de trouver des points d’eau potable, il faut donc être très prévoyant. Malheureusement sur le coup mes 5 litres d’eau n’ont pas suffit. Et après une heure, me voila confronter à un drôle de dilemme : ne pas boire jusqu’au village qui est encore à 2 heures de là et je risque la déshydratation ce qui n’est pas forcement conseillé au milieu des montagnes, ou boire l’eau venant du point d’eau qui était dans la montagne avec le risque que ça comporte avec mon petit estomac fragile d’occidental… Bien entendu le choix a été rapide et si je dois avoir des soucis de santé autant retarder l’échéance^^
Nous atteignons enfin le point de rendez vous où nous trouvons… personne. Je vous ai parlé de l’heure indienne ?  

Après être finalement monté dans les véhicules qui avait … une heure de retard^^, nous rejoignons la gare routière pour prendre le bus du retour. Encore une fois, c’est une vraie compétition pour trouver un bus qui daigne nous conduire jusqu’à bon port. En effet, la plupart des véhicules sont déjà complets en passant par le village. Néanmoins après une heure d’attente nous trouvons un bus avec quelques places… Le voyage se fait sans encombre avec le groupe de randonnée qui chante des chansons indiennes durant le trajet comme une colonie de vacances. L’ambiance est plutôt festive dans le bus.


21h00 : Nous arrivons à la gare pour prendre le train du retour. Sameer me donne un ticket ce qui me permet d’éviter la longue queue du guichet (qui ressemble plus à un entonnoir ici^^). Plusieurs personnes ayant la même destination que moi, nous nous rejoignons sur le quai pour faire le voyage ensemble. Le train arrive dans 5 minutes… mais c’était sans compter sur l’annulation des trois trains suivants… surement un souci sur la ligne. Finalement le train devrait arriver à 22h40 (je vous promets qu’on apprécie la SNCF après ça…), nous devons jouer des coudes une dernière fois pour entrer dans le wagon en marche.

Je rejoins finalement Powai à 23h30 et termine ce week-end assez sportif et très … INDIEN^^ avec pleins de souvenirs et d’anecdotes !

lundi 18 juillet 2011

Le saint Daal

Comme promis voici une recette s’accompagnant très bien avec du riz blanc (basmati c’est meilleur^^) et qui est très populaire en Inde (un peu comme les fricadelles en Belgique) :
Le Daal.

Le daal une fois préparé

Ingrédients :
-          150 g de lentilles
-          Une belle tomate
-          Une cuillère à soupe de ghee ou d’huile
-          Une cuillère à soupe de curry
-          Une cuillère à soupe de curcuma
-          Une cuillère à café de graine de cumin
-          Une cuillère à café de piment rouge ou de paprika
-          2 feuilles de laurier
-          Une gousse d’ail coupée en morceau
-          Un petit bout de gingembre râpé
-          Quelques feuilles de coriandre fraiche
-          Une pincée d’asa-fœtida (optionnelle car je ne sais pas moi-même où en trouver en France…)
-          Et bien entendu du sel

Confection :
-          Laver les lentilles (cela permet d’y voir plus clair…)
-          Les faire cuire dans environ 35cl d’eau (ou 3 fois la quantité de lentilles) dans une casserole avec le curry, le curcuma, une feuille de laurier, le gingembre râpé et le sel
-          Laisser cuire 15 minutes puis ajouter la tomate coupée en dés
-          Laisser 5 minutes de plus
-          Verser dans un récipient

Ici je vous présente le Tarka Daal qui est une façon de chauffer les épices avant de les ajouter aux lentilles. Pour cela utiliser une louche et un récipient en Inox (316L de préférence).
-          Faire chauffer le ghee dans votre casserole inox Guy Degrenne fraichement achetée pour l’occasion
-          Ajouter quelques graines de cumins si celui-ci frémit le ghee est assez chaud
-          Verser le reste du cumin
-          Ajouter l’asa-fœtida, la feuille de laurier et l’ail
-          Attendre que l’ail soit roussi
-          Ajouter enfin le piment et verser le tout sur les lentilles


Astuce de Joël : « Selon vos goûts, ajoutez de l’eau à votre convenance pendant la cuisson des lentilles pour un résultat plus ou moins liquide… et bonne appétit bien sur !! »



Expression indienne : « Quand tu as la dalle, fais-toi un daal… »
(si toi aussi tu veux recevoir des jeux de mots super lourd sur ton portable pour casser l’ambiance en soirée, envoi « boulet » au 81 500)


mercredi 15 juin 2011

Duke’s Nose Trek

1er mai 2011 : Ce dimanche pour célébrer la fête du travail, je décide de rejoindre un groupe de trekking pour une descente en rappel.
Rendez vous à 8h du matin à la station de Dadar. Mais c’était sans compter sur la demi-heure indienne et je parle là de la Bonne demi-heure en unité pifomètrique (maintenant que vous êtes incollable sur celle-ci^^) …
A 8h30 et des poussières, Sameer me retrouve sur le quai et me présente mes compagnons de randonnée. Nous embarquons tous dans le train en direction de Lonavala. Ce train allant en direction de Pune, il est par conséquent plein à craquer, je passe donc tout le trajet debout pris en sandwich entre deux indiens dont la chaleur et l’humidité ne réussissent pas…
10h30 : Nous arrivons enfin à la station où d’autres personnes nous attendent. En effet, nous partîmes 5 de Dadar, mais par un prompt renfort. Nous nous vîmes 30 gaillards en arrivant à bon port… (Désolé il fallait que je la tente^^)
Une fois réunis, nous avons pris des jeeps nous amenant jusqu’au village se situant au pied de la montagne. Ce petit trajet s’est ponctué de coup de klaxons à chaque virage, de nids de poules et de musiques indiennes.


Match serré entre les enfants du village

Nous commençons par prendre un petit déjeuner traditionnel dans le village. Cela nous permet de faire plus amples connaissances. Et puis il ne faut pas partir en randonnée le ventre vide.
20 minutes plus tard et après avoir assisté à un match de cricket entre les enfants du village, nous démarrons l’ascension. Le soleil est brûlant, nous sommes en plein milieu de l’été ici, les 3 litres d’eau que j’ai emmené ne seront pas de trop !! La végétation est entièrement grillée par le soleil. On peut même voir quelques parcelles ayant pris feu ne laissant qu’une terre noire et désolée. Sameer m’explique que pendant la mousson la région redevient verdoyante et pleine de vie et qu’on peut même assisté à des vols de lucioles pendant la nuit!

L'ascension
Voila maintenant une heure que nous grimpons, nous arrivons au but. Au sommet une équipe d’escalade nous attend pour la partie la plus intéressante de la journée : le rappel. Le moniteur commence par nous expliquer les règles de sécurité et nous donne quelques conseils pour descendre. Etant 30 au total et ne pouvant descendre que un par un, je resterais près de 3 heures au sommet : le temps pour moi, ayant oublié ma crème solaire d’attraper un coup de soleil d’anthologie! Pendant cette longue attente je profite du paysage qui est tout simplement magnifique, et prend quelques photos. En me montrant la vallée face à moi, Hemant m’explique qu’il y a plusieurs siècles une grande bataille a eu lieu dans cette vallée entre les indiens et les perses. Bien qu’en infériorité numérique cette bataille a été une grande victoire pour l’Inde qui a su profiter du terrain annulant l’avantage du nombre. Pour plus de précision sur les tactiques de militaire je vous propose « L’art de la guerre » de Sun Tzu.


La vallée qui a été le théatre d'une bataille épique entre deux empires (j'en fais trop là?)



Moi et mon casque playmobil au début de la descente
Arrive enfin mon tour, ça fait plus de dix ans que je n’ai pas fait de descente en rappel et me voilà au dessus d’une falaise de 300 m de haut !
Bref je me lance, et à ma grande surprise je constate que finalement c’est comme le vélo et que très vite je reprends mes marques. Je peux donc profiter de cette magnifique descente avec un panorama incroyable (désolé je n’ai pas pris de photos, j’ai préféré ranger mon appareil dans mon sac…^^). Après 100 m de dénivelé, nous passons à la seconde partie qui est, pour moi, bien plus dangereuse puisque nous longeons la falaise afin de rejoindre le chemin. Bien entendu nous sommes quand même assurés par une corde longeant la montagne suivant le même principe que l’accrobranche^^
Ayant enfin terminé de crapahuter entre les rochers, j’en profite pour sortir mon appareil et faire quelques clichés de mes camarades et de la montagne.

Le spot comme disent les riders
Suite à cette petite pause photo, nous nous réunissons pour se faire un gouter. Et comme il est de coutume en Inde, chacun partage ce qu’il a, ce qui rend cette fin d’après-midi très conviviale. Seule ombre au tableau : la confiture indienne que j’ai pu gouter pour la première et dernière fois.

18h : Le soleil commence à se coucher, nous décidons donc de retourner au village puis de reprendre une jeep jusqu’à la gare. Sur la route, je ne me suis même plus étonné de croiser un cheval au galop ou des charrettes tirées par des bœufs.
Arrivé à la gare, on voit que tous les trains pour Dadar sont complets. Nous devons donc trouver une alternative.
Solution n°1 : le bus, où il est presque impossible de trouver une place assise et dont le voyage dure 4h. Après une journée de randonnée j’avoue qu’on était pas très motivés…
Solution n°2 : le taxi qui nous demande la coquette somme de 12 000 Rp ou 200€… tout ça parce que je suis blanc hein !



Finalement nous prenons un billet de train en partance pour la banlieue Nord de Mumbai ce qui me permettra de prendre un train local ensuite pour rejoindre Vikroli. Malheureusement ce train n’arrive pas avant 20h.
Nous attendons donc gentiment sur le quai. Et là, un train couchette en provenance de Bangalore et allant jusqu’à Mumbai passe sur le quai. Mes amis se mettent à crier: «  Run ! ». Je m’exécute et nous voila entrain de courir après le train pour sauter dans un des wagons ! Une fois tous à l’intérieur, nous cherchons un compartiment vide. Seul problème, les billets que nous avons ne sont pas les bons, nous essayons donc de nous faire les plus petits possible. Malheureusement le contrôleur passe dans notre compartiment. Nous commençons donc à lui conter nos péripéties et après quelques négociations il décide de seulement nous faire payer la différence du prix du billet soit 100 Rp par personne (même pas deux euros…).
Je tends donc un billet au contrôleur qui refuse et me lance : «  Welcome in India » avec un grand sourire, encore une fois tout ça parce que je suis blanc^^ (oui il n’y a pas que des mauvais côté !
C’est beau de voir un contrôleur qui sait être magnanime et qui par la même occasion donne une bonne image de son pays !

21h : Le train passe par la station Vikhroli je salue tout le monde avant de sauter du train (au sens propre je précise…).

Epuisé j’appel un rickshaw qui me ramène jusqu’à Powai pour terminer une journée riche en émotion !!

jeudi 9 juin 2011

Tu es en Inde quand…

   - Tu connais Sachin Tendulkar
   - Une voiture renverse un piéton et fait comme si de rien n'était pour pas attirer la police
   - Tu as déjà commandé un tiffin
   - Les gens jettent n'importe quoi n'importe où sans gènes
   - Les hommes dans la rue crachent une substance rouge
   - Ton collègue prie tous les matins sur l'autel en l'honneur de Ganesh se trouvant sur son bureau
   - Les cuves d'eau des camions perdent 5L par minute
   - On t'apporte un café et une bouteille à ton bureau tous les jours
   - Tu peux entendre le chant du muezzin
   - L'eau du robinet est marron
   - Tu vois quatre personnes sans casques sur une même moto dont une femme en amazone (l'équipe spéciale d'acrobatie de la préfécture de police a de la concurrence...)
   - Tu frôles l'accident à chaque sortie sur la route
   - Tu peux faire un trajet de bus à l'extérieur du bus
   - Tu as déjà sauté d'un train en marche
   - Tout le monde klaxonne juste pour prévenir de sa présence
   - Les gens hochent la tête pour acquiescer
   - Le code de la route n'est qu'un concept
   - Tu apprends ce qu'est un VRAI mal de ventre
   - Personne ne dit merci
   - Tu partages ton repas avec tous tes collègues
   - Tu peux tout négocier (même les amendes^^)
   - Tu arrêtes une réunion d'affaires pour la pause thé
   - Les femmes travaillent dans le BTP habillées en Sari
   - Tu te lèves pour l'hymne national avant un film
   - Tu peux tout acheter à l'unité (même les cigarettes)
   - On te dit toujours oui pour un service mais on ne te précise jamais quand... d'ailleurs la notion même du temps est à revoir et même oublier
   - Tu vois un éléphant et des charrettes tirées par des boeufs sur le périphérique
   - Tous les conducteurs sont daltoniens enfin... je pense...
   - Tu te fais aborder par des mendiants tous les 10m ou à chaque feu rouge
   - Quelqu'un livre un écran LCD de 140cm sur le porte bagage d'un vélo
   - L'expression fracture sociale prend un sens nouveau à tes yeux
   - Tu peux voir un match de cricket partout où tu sors
   - Tu peux vivre sans jamais sortir de ton appartement du moment que tu aies un téléphone voir une voix qui porte^^
   - Tout le monde te dévisage dans la rue
   - Tu as un gecko comme colocataire
   - Tu manges pour 2€ par jour
   - La plupart des mariages sont arrangés
   - Un inconnu prend 20 minutes pour t'aider à trouver un rickshaw pour rentrer chez toi et va même jusqu'à t'accompagner sur une partie du chemin
   - Il y a plus de chiens errants dans ta rue que d'habitants
   - Tu dois éviter une vache qui dort au milieu de la route
   - Il y a un garde à chaque entrée d'immeuble
   - Il y a plus d'employés que de clients dans les supermarchés
   - Le mot administration te donne des frissons
   - Les prix triples à la vue de la peau blanche
   - Tu comprends l'expression "Il pleut à seaux"
   - La viande de boeuf n'est qu'un agréable souvenir
   - Deux hommes se tiennent la main parce qu'ils sont amis
   - La file d'attente n'est qu'un vague concept lui aussi
   - Des camions sont arrêtés tous les km pour changer une roue
   - Tes collègues peuvent danser une chorégraphie parfaite d'un film de bollywood
   - Des portions du périphérique est en pavé... voir en terre
   - Tu réfléchis à deux fois pour inviter une fille à boire un café
   - Il y a trois fois plus d'employés du BTP que d'outils pour travailler (et dans outil je compte aussi les chaussures...)
   - Les travestis ont le pouvoir de te bénir
   - On te demande de l'argent pour prendre une photo
   - N'importe qui peut entrer dans ton appartement à n'importe quelle heure du jour et de la nuit
   - Le silence est une utopie
   - Quelqu'un t'offre un présent alors que tu le connais à peine
   - Tu dois systèmatiquement retirer tes chaussures que tu vas chez quelqu'un
   - Tu te rend compte que Tom Selleck est encore à la mode dans certaines parties du monde

A noter j'ai pu vivre à moins une fois une de ces anecdotes ci-dessus et que cette liste est loin d'être exhaustive mais je pense que ça reflète déjà bien les 4 mois et demi que j'ai passé jusqu'à maintenant.
J'invite les personnes ayant fait un séjour en Inde de rajouter quelques anecdotes amusantes^^

mercredi 8 juin 2011

Cheese Naan


Aujourd’hui dans la rubrique de Joël Robuchon et à la demande de notre jeune papa Anthony Arma, voici la recette du Cheese Naan !

Le Naan est un pain du nord de l’Inde, particulièrement présent au Punjab, que l’on cuit dans un four Tandoor bien spécial, sous forme de jarre en terre cuite et à ouverture étroite. On place du bois au fond du Tandoor puis on commence la cuisson une fois les flammes éteintes. Le pain cuit aux parois du four.

Remercions une nouvelle fois Minouchka pour sa recette postée sur internet que je trouve très bien expliquée.
Bref passons à la préparation.

Ingrédients :
   - 3 tasses de farine blanche
   - 1 tasse d'eau (+ 1/2 si besoin)
   - 3 bonnes c. à soupe d'huile neutre
   - 3 bonnes c. à soupe de yaourt nature
   - 1 c. à café de sucre
   - 1 c. à café de sel
   - 1 c. à soupe pleine de levure boulangère déshydratée
   - 1 bonne pincée de levure chimique ou de bicarbonate de soude
   - Portions de fromage à tartiner "The Laughing Cow" (La Vache qui rit en hexagone^^) ou autre marque mais pas du light!!!
   - Ghee ou du beurre doux (cela n'a rien à voir avec l'ingrédient principal de ce bon vieux Panoramix pour sa potion magique ça ne s'écrit pas pareil... et de toute façon je ne pense pas que vous ayez de serpe d'or donc...)

Conseils:
   - Utilisez la même tasse (un mug c'est bien, le mug SNC Lavalin c'est mieux^^). Il est possible d'ajouter de l'eau si la pâte est dure ou inversement proportionnel de rajouter de la farine si la pâte est collante. Le pétrissage est très important pour que la pâte soit souple et homogène. La levée est également importante pour avoir une bonne mie
   - Pour les unités de mesure une bonne, une pincée ou encore une bonne pincée se référer à la norme NF EN 999852 relative au Système d'unités pifométriques (à télécharger sur ce lien: http://www.chireux.fr/mp/Pifometrie.pdf )

Confection:
   - Acheter un four Tandoor chez MDA (demandez Sidney^^) ou Darty. Attention au four Tandoor d'occasion sur le Bon Coin vous demandant de payer par mandat cash, ce sont souvent des arnaques couramment utilisées par des margoulins sans scrupules!
   - Faire diluer la levure boulangère dans un peu d'eau tiède et laisser prendre 15 minutes
   - Mettre la farine dans un saladier, ajouter le sucre, le sel et la levure chimique puis mélanger le tout
   - Faire un puit (comme dans la mousline quand vous étiez petit^^) et y verser l'huile, le yaourt, la levure boulangère et l'eau. Travailler la pâte et la pétrir pendant 15 minutes environ. Ajouter un peu d'eau s'il le faut ou de la farine en fonction de l'absorption, il faut que la pâte soit très souple pour que le naan ne soit pas compact
   - Former des boulettes de la taille d'une mandarine
   - Laisser reposer 3 à 4 heures sous un linge propre (de préférence) à l'abri des courants d'air (c'est important)
   - Pendant le temps de pause, faire rouler les portions de fromage en simples boulettes puis les placer dans une assiette
   - Disposer également un peu de farine dans une assiette pour fariner au fur et à mesure le plan de travail et la pâte
   - Allumer le four au maximum puis y placer un tajine à l'envers ou un ustensile en terre de préférence (une brique, une assiette...) ou en fer épais et lourd (comme disait Boris le Hachoire:"Lourd c'est bien, lourd c'est plus fiable...") et pourquoi pas une planche en bois. Cette méthode est très importante, le naan doit cuire dans un four chaud (et non pas à la poêle) au contact d'un ustensile qui puisse retenir la chaleur.
Naan sur le tajine en terre
   - Fariner le plan de travail et passer rapidement une boulette de pâte dans la farine
   - Aplatir un peu la pâte avec vos doigts ou au rouleau pâtissier
   - Disposer au centre une portion de fromage, refermer puis reformer une boule parfaite (autant que faire se peut)
   - Aplatir de nouveau la pâte sur le plan de travail ou entre vos mains, j'avoue qu'il faut de la technique à ce stade car en l'aplatissant au rouleau ça risque de faire déborder le fromage, c'est mieux de la travailler à la main bien que ça demande un peu de pratique
   - Placer ensuite le naan formé directement sur le tajine très chaud, réduire le four à 200°C (thermostat 6) et laisser cuire 10 à 20 minutes selon la taille de votre naan. Badigeonner de ghee avant la sortie du four.
   - Déguster chaud et le jour même de préférence sinon le fromage n'est plus coulant bien qu'il reste fondant.

Résumé en image

A une prochaine recette avec du riz cette fois^^ et ... Bon Appetit Bien Sûr!!

mardi 7 juin 2011

Elephanta caves

17 avril 2011 : Ce weed-end, Elsa, une camarade du CESI vient visiter Mumbai. Je lui ai donc proposé de visiter Elephanta le dimanche. Rendez vous donc à 8h du matin dans le sud de la ville et plus exactement devant … le pain Quotidien. Et oui, maintenant qui dit passage à Colaba dit petit déjeuner à la française !! Après avoir partagé notre expérience indienne autour d’un café noir et de croissants, nous nous dirigeons vers les quais pour prendre nos billets. 10 minutes plus tard la navette arrive. A noter qu’il est stipulé sur le ticket que la compagnie n’est pas responsable en cas de naufrage du bateau… rassurant…

Le bateau accoste et comme toujours en Inde l'abordage se fait de façon très chaotique, la foule se précipite pour être sûr d'avoir une place. Je me demande comment personne ne se retrouve à l'eau...
Après avoir joué des coudes, nous trouvons enfin une place à l’avant du bateau. Nous quittons la rade et passons devant d’immenses paquebots, pétroliers et vaisseaux militaires. Nous longeons aussi Cross Island, un fort construit vraisemblablement par les britanniques pour protéger la ville d’attaques navales. 
   
Cross Island


Côte paradisiaque?
Après une heure de trajet, nous atteignons notre objectif. A la sortie du bateau, il est possible de prendre un petit train jusqu’au village. N’étant que de 500 m, nous avons décidé de marcher jusqu’à l’entrée. Sur le chemin, je remarque que l’environnement est encore loin d’être le cheval de bataille des indiens. En effet des tas d’immondices jonchent la côte au milieu des roseaux. Je vous avoue que si l’on devait leur apprendre quelque chose ce serait d’utiliser des poubelles. A côté de ça, on peut noter le côté très touristique de l’île avec des dizaines de petits commerces longeant l’escalier menant à l’entrée du parc, comme pour le musée national l’entrée est vingt fois plus chère pour les étrangers. Attendant dans la queue pour prendre un billet des femmes m’interpellent pour que je les prenne en photo, voulant leur faire plaisir je m’exécute, et à ce moment l’une des femmes vient vers moi et me demande 200 roupies pour la photo… Mais le fait le plus marrant (ou triste j’arrive toujours pas à me décider…) lors de la montée de ces marches est une des navettes de porteurs qui transporte les touristes jusqu’en haut de l’escalier sur une sorte de trône en bambou. En effet une femme européenne dépassant le quintal se faisait porter par quatre indiens dont un devait avoir plus de 60 ans. Revival de l’empire colonial ? En tout cas on ne pouvait pas faire plus stéréotypé.

Passé l’entrée nous visitons les premières caves, temples troglodytes de plusieurs siècles, on ne peut être que fasciné par le travail réalisé dans ces cavernes malgré un entretien qui laisse vraiment à désirer. L’Inde a vraiment une culture très riche et je pense que le gouvernement devrait mettre plus de moyens pour protéger celle-ci. Les statues sont impressionnantes et la profondeur des caves nous laisse imaginer l’énorme travail qui a été réalisé. Plusieurs indiens se recueillent devant des stèles couvertes de fleurs et d’offrandes.


L'entrée d'une caverne
 
Le singe donnant à boire à son petit

Après cette première visite, nous nous arrêtons au pied d’un arbre pour une petite pause. Un homme près de moi fait malencontreusement tomber sa bouteille de « chut chut pas de marque » qui est aussitôt subtilisée par un singe. L’homme ne peut que regarder impuissant le primate monté dans l’arbre, ouvrir partiellement le bouchon de la bouteille afin qu’un filet de limonade puisse s’échapper et ainsi désaltérer son petit comme une mère donne le biberon à son enfant.

Vue du haut de la citadelle
Suite à ce petit moment d’émerveillement, nous nous lançons sur la partie non touristique de l’île (celle avec les chemins escarpés). De ce côté ci pas de cave, mais une vue exceptionnelle sur la baie de Mumbai et les vestiges d’un fort britannique servant lui aussi à la protection de la ville.



Il est midi, le soleil est au zénith, la chaleur devient insoutenable, nous décidons donc de redescendre pour nous restaurer. Nous commandons nourriture, boissons et continuons de discuter de ce qui nous a surpris jusqu’à présent dans ce pays si différent culturellement.

Canon britannique

Il est bientôt l’heure de prendre le bateau du retour, entre temps Elsa en profite pour faire quelques emplettes dans les différentes petites boutiques. Je me demande encore qui achète les ganesh en pierre de 10 kilos qui sont certes très jolis mais pas pratique à transporter… 20 minutes plus tard nous reprenons la navette. Le retour est aussi chaotique et nous pouvons même assister à des échauffourées  entre deux capitaines qui se disputaient les clients. Néanmoins le chemin du retour s’est passé sans encombre et après avoir salué mes amis à la gare j’ai pris mon train du retour pour rejoindre mon quartier avec quelques coups de soleil^^

mardi 24 mai 2011

Gulab Jamun

Suite aux reponses de mon récent sondage, cet article reprendra donc toute l’histoire du médaillon d’Isis Novnak et de ce fameux événement qui a eu lieu lors de cette belle année 1505 qui a vu aussi le couronnement de l’empereur Zhengde en Chine !
Mais qui est Isis Novnak ?
Né à Cracovie en Pologne, d’une mère artiste de rue, Anastasia Lempereski et d’un père garde de la cité, Igor Novnak, le petit Isis Humphrey Tiburse Novnak est fils unique. Heureusement que maman Novnak est là pour partager ses jeux d’enfants car papa Novnak est souvent absent…

Plus sérieusement, malgré les deux réponses favorables pour mon sondage, plusieurs personnes m’ont demandé de leur donner quelques recettes via le blog.
Je commencerai donc cette nouvelle rubrique gastronomique  par mon dessert préféré ici et pas forcement le plus diététique : le Gulab Jamun.

Le Gulab Jamun est un dessert Indien très connu et apprécié partout et pour toutes les occasions. A base de lait en poudre, la composition n’est pas sophistiquée, en revanche, le façonnage bien qu’il a l’air simple, demande pas mal de technicités afin d’obtenir un résultat parfait. Le façonnage est fastidieux car la boulette doit être lisse sans fissure, pour cela il faut bien faire rouler la pâte avec les mains en exerçant une pression supplémentaire pour éviter que la pâte ne se détache. Après la friture dans un bain d’huile chaud et non pas fumant, on laisse égoutter puis on les plonge dans un sirop légèrement épais, et là ça se corse un peu. En effet, le sirop doit être parfait, pas trop liquide ni épais, s’il est liquide ça ne se conserve pas bien et ça va trop ramollir le Gulab Jamun. Si au contraire le sirop est épais, ça va le caraméliser et donc le durcir et empêcher ainsi qu’il soit spongieux. Autre conseil que je pourrais vous donner est l’utilisation de lait pour ramasser la pâte, certains mettent de l’eau ou les deux (car le lait est un produit assez cher en Inde) mais le résultat n’est pas le même. Quand on peut il ne faut pas se priver.

Ingrédients :

   - 250 g de lait en poudre
   - 120 g de farine blanche
   - 25 cl de lait
   - 2 c. à soupe (rases) de beurre non salé
   - 1 sachet de levure chimique / Baking soda
   - Pour le sirop : 3 mesures de sucre pour 7 mesures d'eau + 4 cardamomes vertes écrasées + 2 c. à soupe de jus de citron

Confection :

   - Mélanger les ingrédients secs en premier dans un saladier
   - Ajouter le beurre et sabler la pâte
   - Ajouter le lait et ramasser le tout en une pâte uniforme
   - Former des boulettes de la taille d’une noix ou d’un abricot, il faut que la boulette soit vraiment lisse sans fissure pour qu’elle ne se détache pas lors de la friture. Faites rouler, serrer légèrement la pâte entre les paumes de la main.


   - Préparer le sirop en mélangeant les ingrédients, penser à écraser la cardamome au mortier ou contre votre planche de travail. Faire prendre le sirop sur feu doux, il ne faut pas qu’il soit bouillant, juste un petit frémissement. Maintenir sur feu très doux. Vous pouvez parfumer le sirop à l'eau de rose. Le Safran n'est pas indispensable.
Chauffer le bain d’huile (huile neutre pas de ghee !), y plonger les Gulab et mélanger délicatement dans tous les sens pour qu’ils soient dorés parfaitement et uniformément. Dès qu’ils obtiennent une jolie couleur dorée miel ou brune foncée, les enlever et faire égoutter.
Les plonger dans le sirop, mélanger délicatement dans tous les sens et laisser absorber le sirop environ 10 à 15 min. Les Gulab Jamun gonflent deviennent spongieux, il faut qu’ils soient bien humides contrairement à leur sortie de la friture.

                         

   - Placer dans un récipient un peu profond : une boîte, un moule, une assiette creuse… faire couler le sirop. Attention, si votre sirop est devenu caramélisé, éviter de la rajouter aux Gulab. Le sirop doit toujours rester liquide.   
   - Garder au frais quelques jours. Vous pouvez les décorer avec des fruits secs : amandes, noix de cajou … ou bien pour faire vraiment indien, des feuilles d’argent « Silver papper » que l’on peut trouver qu’en épicerie Indienne.

Remercions Minouchkah qui a posté cette recette sur internet et que je peux maintenant vous faire partager.


 Mesdames, messieurs à vos plans de travail et … Bon appétit bien sur !!