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mardi 19 juillet 2011

Siddhagad Trek

21 mai 2011 : Aujourd’hui je me prépare pour une randonnée de deux jours au fort de Siddhagad. Après avoir fait mon paquetage, je file direction Vikhroli pour rejoindre Dadar Station avant 12h. Arrivé à la station, j’appelle Sameer qui m’annonce qu’il aura une heure de retard  (je me ferai jamais à l’heure indienne^^). Après 60 minutes d’attente sur le quai, Sameer et d’autres randonneurs me rejoignent. Nous prenons un train en direction de Kalyan Railway qui se trouve à une heure de Mumbai.

Arrivés sur place, nous prenons un bus qui nous emmène au village de Murbad. L’entrée dans le bus est assez marrante, c’est une vraie mêlée ! Ici vous pouvez oublier tout ce que vous avez appris sur la politesse, c’est marche ou crève !! Certains indiens passent même par les fenêtres pour être sur d’avoir une place… pourquoi pas^^
Après 2h de trajet dans ce bus sans climatisation nous arrivons  au village où des jeeps nous attendent. Sur place, nous faisons une halte chez un marchand de pastèque pour se désaltérer. Etant éloigné de la capitale du Maharashtra la population locale ne doit pas avoir l’habitude de voir un étranger car tout le monde me dévisage et même quelques enfants viennent discuter avec moi. Après quelques échanges avec eux, un des enfants revient avec une tranche de pastèque et me dit : «Welcome in India ! » avec un grand sourire. Je le remercie chaudement et nous nous dirigeons désormais au pied des montagnes de Siddhagad.

Avant l'effort, le réconfort
Avant de démarrer la randonnée, les organisateurs sortent un gâteau pour fêter les 5 ans de l’association. Ambiance festive pour le début de cette aventure donc^^
Nous commençons la marche, le paysage est vraiment superbe avec le coucher de soleil sur les falaises environnantes. Nous passons à coté de petites fermes assez typiques. En levant les yeux, je peux voir des singes sauter d’arbres en arbres.

Une habitation
Le ravitaillement
Nous atteignons un petit village où mes collègues peuvent se ravitailler en eau dans le puits à proximité. Le calme du village me fait totalement oublier les klaxons de la mégapole. Une fois avoir pris quelques photos, nous continuons notre route qui commence à être de plus en plus en pente. Le soleil se couche, nous allumons nos lampes torches. La marche de nuit augmente la difficulté et il n’est pas rare de devoir rebrousser chemin. Nous arrivons enfin jusqu’à une arche en pierre délimitant l’entrée du village se trouvant sur le plateau. Nous devions visiter un temple non loin d’ici mais étant plus de 21h, il est interdit d’y accéder : malheureusement je n’en connais pas la raison, et malgré mes interrogations personne n’a pu me répondre. Nous nous rapprochons du village quand Sameer nous demande d’éteindre nos lampes torches. A ce moment, j’assiste à l’un des plus beaux spectacles que j’ai eu la chance de voir pendant mon voyage. Des milliers de lucioles autour de nous faisaient scintiller les arbres de la forêt. C’était tout simplement magique comme sorti d’un rêve et d’un film en 3D réalisé par James Cameron…
Quelques mètres plus loin, nous atteignons le village où tous les habitants étaient réunis sur place pour chanter et danser.

Après s’être lavé les mains et le visage au puits, nous sommes allés prier au temple du village avant de manger. Les villageois nous offrent quelques mets avant de nous indiquer l’endroit où nous pouvons dormir. En effet, suite à cette dure journée, il est l’heure d’aller au lit. Dans la pièce qui nous est attribuée, je note quelques altères posées au sol ainsi qu’un poster de bodybuilding sur le mur… Qui aurait pu croire que dans un village aussi éloigné de la civilisation occidentale, on puisse retrouver une salle de musculation avec un ami du gouverneur de Californie sur le mur…
Plus tard, en préparant mon sac de couchage, un de mes camarades nous appellent, il vient de découvrir une mue de cobra… Je sens que je vais passer une bonne nuit… Néanmoins la fatigue a eu raison de moi plus vite que prévu.

 
Le lendemain matin, nous nous levons aux aurores pour profiter de la fraicheur matinale. La montagne est encore embrumée. Nous laissons nos affaires au village et prenons le strict nécessaire pour cette ascension qui s’avérera plus périlleuse. Je m’arme donc d’une bouteille d’eau et de mon appareil photo^^
Comme je vous le disais la difficulté est plus importante aujourd’hui avec des chemins plus escarpés, des marches de 50cm et une pente assez friable. Hemant m’explique que c’était stratégique puisqu’il était difficile pour les troupes ennemis d’atteindre le fort. De plus, les britanniques ont détruits une bonne partie des marches à la suite de la prise du fort, histoire de rajouter encore un peu de piment, mais je ne pense pas que cela était nécessaire, surtout en Inde…

Durant la montée, nous passons devant  une petite caverne qui faisait office d’abri pour le prêtre se recueillant dans les montagnes, quelques réservoirs d’eau naturels se trouvent aux alentours de l’abri. Leur remplissage se fait durant la période de la mousson qui lui permet de faire un stock pour l’année entière. Nous continuons notre ascension, nous voila désormais dans un épais brouillard, plus que quelques mètres avant le sommet. L’addition de la brume et du vent ajoute une ambiance mystérieuse autour des vestiges encore debout de l’ancien fort.
Nous marchons désormais jusqu’à la citadelle se trouvant en contrebas. Le brouillard commence à se dissiper et nous dévoile un magnifique panorama composé de grandes plaines et de plateaux verdoyants illuminés par quelques rayons de soleil transperçant la couche nuageuse.
Nous faisons désormais face aux ruines de l’ancienne tour. En voyant le vide qu’elle surplombe et le temps qu’on a mis pour rejoindre le lieu, je comprends pourquoi elle était réputée imprenable.
Nous faisons désormais une pause bien méritée et profitons de la vue pour prendre quelques clichés.


Vue du fort


20 minutes plus tard, nous entamons le chemin du retour pour arriver au village à l’heure du déjeuner. Au menu, salade de semoule avec oignons, épices  et … piments. Maintenant le ventre bien rempli, nous faisons notre paquetage pour rejoindre les jeeps sur l’autre flan de la montagne. Sur le chemin, nous en profitons pour visiter le temple que l’on devait rejoindre la veille. La bâtisse en elle-même n’a rien d’exceptionnelle puisqu’elle ressemble aux autres maisons que l’on trouve dans la région. Par contre les différentes sculptures entourant celle-ci et remontant de plusieurs siècles sont vraiment intéressantes. Sameer me décrit une de ces sculptures et m’explique que celle-ci raconte l’histoire d’un guerrier mort au combat.

Sameer faisant le mariole
Nous atteignons un dernier sommet avant la descente jusqu’au point de rendez-vous. La dernière partie de ce trek se fait au milieu d’une forêt assez dense où la chaleur et l’humidité sont insoutenables, et pour corser le tout j’ai terminé ma dernière bouteille d’eau. Il nous reste deux heures de marche et je sens déjà ma gorge se dessécher. L’eau en Inde est un véritable problème puisqu’il est très difficile de trouver des points d’eau potable, il faut donc être très prévoyant. Malheureusement sur le coup mes 5 litres d’eau n’ont pas suffit. Et après une heure, me voila confronter à un drôle de dilemme : ne pas boire jusqu’au village qui est encore à 2 heures de là et je risque la déshydratation ce qui n’est pas forcement conseillé au milieu des montagnes, ou boire l’eau venant du point d’eau qui était dans la montagne avec le risque que ça comporte avec mon petit estomac fragile d’occidental… Bien entendu le choix a été rapide et si je dois avoir des soucis de santé autant retarder l’échéance^^
Nous atteignons enfin le point de rendez vous où nous trouvons… personne. Je vous ai parlé de l’heure indienne ?  

Après être finalement monté dans les véhicules qui avait … une heure de retard^^, nous rejoignons la gare routière pour prendre le bus du retour. Encore une fois, c’est une vraie compétition pour trouver un bus qui daigne nous conduire jusqu’à bon port. En effet, la plupart des véhicules sont déjà complets en passant par le village. Néanmoins après une heure d’attente nous trouvons un bus avec quelques places… Le voyage se fait sans encombre avec le groupe de randonnée qui chante des chansons indiennes durant le trajet comme une colonie de vacances. L’ambiance est plutôt festive dans le bus.


21h00 : Nous arrivons à la gare pour prendre le train du retour. Sameer me donne un ticket ce qui me permet d’éviter la longue queue du guichet (qui ressemble plus à un entonnoir ici^^). Plusieurs personnes ayant la même destination que moi, nous nous rejoignons sur le quai pour faire le voyage ensemble. Le train arrive dans 5 minutes… mais c’était sans compter sur l’annulation des trois trains suivants… surement un souci sur la ligne. Finalement le train devrait arriver à 22h40 (je vous promets qu’on apprécie la SNCF après ça…), nous devons jouer des coudes une dernière fois pour entrer dans le wagon en marche.

Je rejoins finalement Powai à 23h30 et termine ce week-end assez sportif et très … INDIEN^^ avec pleins de souvenirs et d’anecdotes !

lundi 18 juillet 2011

Le saint Daal

Comme promis voici une recette s’accompagnant très bien avec du riz blanc (basmati c’est meilleur^^) et qui est très populaire en Inde (un peu comme les fricadelles en Belgique) :
Le Daal.

Le daal une fois préparé

Ingrédients :
-          150 g de lentilles
-          Une belle tomate
-          Une cuillère à soupe de ghee ou d’huile
-          Une cuillère à soupe de curry
-          Une cuillère à soupe de curcuma
-          Une cuillère à café de graine de cumin
-          Une cuillère à café de piment rouge ou de paprika
-          2 feuilles de laurier
-          Une gousse d’ail coupée en morceau
-          Un petit bout de gingembre râpé
-          Quelques feuilles de coriandre fraiche
-          Une pincée d’asa-fœtida (optionnelle car je ne sais pas moi-même où en trouver en France…)
-          Et bien entendu du sel

Confection :
-          Laver les lentilles (cela permet d’y voir plus clair…)
-          Les faire cuire dans environ 35cl d’eau (ou 3 fois la quantité de lentilles) dans une casserole avec le curry, le curcuma, une feuille de laurier, le gingembre râpé et le sel
-          Laisser cuire 15 minutes puis ajouter la tomate coupée en dés
-          Laisser 5 minutes de plus
-          Verser dans un récipient

Ici je vous présente le Tarka Daal qui est une façon de chauffer les épices avant de les ajouter aux lentilles. Pour cela utiliser une louche et un récipient en Inox (316L de préférence).
-          Faire chauffer le ghee dans votre casserole inox Guy Degrenne fraichement achetée pour l’occasion
-          Ajouter quelques graines de cumins si celui-ci frémit le ghee est assez chaud
-          Verser le reste du cumin
-          Ajouter l’asa-fœtida, la feuille de laurier et l’ail
-          Attendre que l’ail soit roussi
-          Ajouter enfin le piment et verser le tout sur les lentilles


Astuce de Joël : « Selon vos goûts, ajoutez de l’eau à votre convenance pendant la cuisson des lentilles pour un résultat plus ou moins liquide… et bonne appétit bien sur !! »



Expression indienne : « Quand tu as la dalle, fais-toi un daal… »
(si toi aussi tu veux recevoir des jeux de mots super lourd sur ton portable pour casser l’ambiance en soirée, envoi « boulet » au 81 500)