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mardi 24 mai 2011

Gulab Jamun

Suite aux reponses de mon récent sondage, cet article reprendra donc toute l’histoire du médaillon d’Isis Novnak et de ce fameux événement qui a eu lieu lors de cette belle année 1505 qui a vu aussi le couronnement de l’empereur Zhengde en Chine !
Mais qui est Isis Novnak ?
Né à Cracovie en Pologne, d’une mère artiste de rue, Anastasia Lempereski et d’un père garde de la cité, Igor Novnak, le petit Isis Humphrey Tiburse Novnak est fils unique. Heureusement que maman Novnak est là pour partager ses jeux d’enfants car papa Novnak est souvent absent…

Plus sérieusement, malgré les deux réponses favorables pour mon sondage, plusieurs personnes m’ont demandé de leur donner quelques recettes via le blog.
Je commencerai donc cette nouvelle rubrique gastronomique  par mon dessert préféré ici et pas forcement le plus diététique : le Gulab Jamun.

Le Gulab Jamun est un dessert Indien très connu et apprécié partout et pour toutes les occasions. A base de lait en poudre, la composition n’est pas sophistiquée, en revanche, le façonnage bien qu’il a l’air simple, demande pas mal de technicités afin d’obtenir un résultat parfait. Le façonnage est fastidieux car la boulette doit être lisse sans fissure, pour cela il faut bien faire rouler la pâte avec les mains en exerçant une pression supplémentaire pour éviter que la pâte ne se détache. Après la friture dans un bain d’huile chaud et non pas fumant, on laisse égoutter puis on les plonge dans un sirop légèrement épais, et là ça se corse un peu. En effet, le sirop doit être parfait, pas trop liquide ni épais, s’il est liquide ça ne se conserve pas bien et ça va trop ramollir le Gulab Jamun. Si au contraire le sirop est épais, ça va le caraméliser et donc le durcir et empêcher ainsi qu’il soit spongieux. Autre conseil que je pourrais vous donner est l’utilisation de lait pour ramasser la pâte, certains mettent de l’eau ou les deux (car le lait est un produit assez cher en Inde) mais le résultat n’est pas le même. Quand on peut il ne faut pas se priver.

Ingrédients :

   - 250 g de lait en poudre
   - 120 g de farine blanche
   - 25 cl de lait
   - 2 c. à soupe (rases) de beurre non salé
   - 1 sachet de levure chimique / Baking soda
   - Pour le sirop : 3 mesures de sucre pour 7 mesures d'eau + 4 cardamomes vertes écrasées + 2 c. à soupe de jus de citron

Confection :

   - Mélanger les ingrédients secs en premier dans un saladier
   - Ajouter le beurre et sabler la pâte
   - Ajouter le lait et ramasser le tout en une pâte uniforme
   - Former des boulettes de la taille d’une noix ou d’un abricot, il faut que la boulette soit vraiment lisse sans fissure pour qu’elle ne se détache pas lors de la friture. Faites rouler, serrer légèrement la pâte entre les paumes de la main.


   - Préparer le sirop en mélangeant les ingrédients, penser à écraser la cardamome au mortier ou contre votre planche de travail. Faire prendre le sirop sur feu doux, il ne faut pas qu’il soit bouillant, juste un petit frémissement. Maintenir sur feu très doux. Vous pouvez parfumer le sirop à l'eau de rose. Le Safran n'est pas indispensable.
Chauffer le bain d’huile (huile neutre pas de ghee !), y plonger les Gulab et mélanger délicatement dans tous les sens pour qu’ils soient dorés parfaitement et uniformément. Dès qu’ils obtiennent une jolie couleur dorée miel ou brune foncée, les enlever et faire égoutter.
Les plonger dans le sirop, mélanger délicatement dans tous les sens et laisser absorber le sirop environ 10 à 15 min. Les Gulab Jamun gonflent deviennent spongieux, il faut qu’ils soient bien humides contrairement à leur sortie de la friture.

                         

   - Placer dans un récipient un peu profond : une boîte, un moule, une assiette creuse… faire couler le sirop. Attention, si votre sirop est devenu caramélisé, éviter de la rajouter aux Gulab. Le sirop doit toujours rester liquide.   
   - Garder au frais quelques jours. Vous pouvez les décorer avec des fruits secs : amandes, noix de cajou … ou bien pour faire vraiment indien, des feuilles d’argent « Silver papper » que l’on peut trouver qu’en épicerie Indienne.

Remercions Minouchkah qui a posté cette recette sur internet et que je peux maintenant vous faire partager.


 Mesdames, messieurs à vos plans de travail et … Bon appétit bien sur !!
 

mardi 10 mai 2011

La maison qui rend fou ou le laissez-passer A-38

Mercredi 06 Avril : Ayant un VISA se terminant le 27 juillet alors que mon vol est prévu le 29, je décide d’aller au bureau de l’immigration à Colaba pour obtenir de plus amples informations et demander une extension de deux jours.
Après une bonne heure de taxi en compagnie de Ganesh (vous vous souvenez de lui?), nous nous retrouvons près de la gare de ChurchGate. Mon accompagnateur sort du véhicule pour demander aux passants où se trouve le centre.

Entrée du bâtiment

Après dix minutes à faire la navette sur le trottoir, nous obtenons enfin les informations espérées. En arrivant dans la rue en question, je comprends mieux pourquoi personne ne savait où se trouvait le bâtiment. Nous nous retrouvons en effet, dans une toute petite ruelle entourée de bidonvilles devant une vieille construction britanniques de l’époque coloniale qui a mon avis n’a jamais été restauré depuis 1947… Un peu limite pour un premier contact avec l’administration indienne…
A l’accueil, nous demandons notre chemin aux gardes. Après encore dix minutes de discussion en Marathi (et oui pas en hindi  se serait trop facile) entre les gardes, ils nous envoient au service d’enregistrement au 3eme étage.
Arrivée à destination, une queue interminable me rappelant les week-ends à Disneyland (une heure d’attente à partir de ce point…) nous attend.
45 minutes plus tard, je peux enfin expliquer mon cas. On m’explique que je n’ai pas besoin de me faire enregistrer et que pour ma requête je dois demander à la personne à coté. Je me décale donc pour poser ma question mais je me fais interpeller par un garde qui m’indique que je dois retourner dans la queue.
Rebelote ! Une heure plus tard donc, je lui explique enfin mon problème. Ce à quoi elle me répond : «             - Vous venez trop tôt monsieur, repassez une semaine avant votre départ, on peut rien faire pour l’instant.
-          Mais je serai sur d’avoir mon extension ?
-          Non, mais on peut rien faire pour vois pour l’instant »


Moi au FRRO

Au final me voilà donc bien avancé avec une matinée de perdu et toujours au point de départ. Avant de partir je lui demande l’adresse du consulat de France afin de me faire connaitre de mes compatriotes. A noter que l’administration indienne a gardé les fondements britanniques instaurés pendant l’époque coloniale, les procédures sont donc assez lourdes avec beaucoup de paperasses. Malheureusement comme me l’ont expliqué mes colocataires cela n’a pas beaucoup évolué depuis, ce qui j’ai pu constater ce matin là. En effet, pas d’ordinateur, tous les enregistrements se font sur un registre à la main. Les différentes documentations se trouvent sur le bureau et ne sont pas forcement à jour, comment j’ai pu en faire les frais…
Après quelques minutes de recherche dans ses tiroirs, la demoiselle me trouve un petit carnet avec les adresses des différentes ambassades et consulats. Je note donc celle-ci sur un post-it et prend un taxi jusqu’à l’adresse indiquée. Cette fois-ci, je me retrouve dans un quartier résidentiel très calme. Pas de drapeau, pas de pancartes indiquant le consulat, bizarre…
L’adresse indique le deuxième étage, je sonne à la porte, une femme vient m’ouvrir, je comprends tout de  suite en apercevant l’appartement derrière elle que ce n’est pas le consulat… Je lui explique tout de même ma situation, elle comprend que je suis français, prend son téléphone, compose un numéro et me le transmet. Une française se trouve au bout du fil, après lui avoir expliqué ma venue ici, elle m’explique qu’elle a vécu ici lors de son arrivée en Inde et que le consulat ETAIT effectivement ici, il y a plus de 10 ans maintenant.
Comme je vous le disais, on peut dire qu’ils sont à jour au bureau de l’immigration.
Finalement elle m’indique la nouvelle adresse qui se trouve à Bandhra. Il est maintenant midi, je retourne donc au travail pas plus avancé sur ma situation, avec une matinée de travail perdue et une facture de taxi de 1000 Rp…
Pour ce qui est de mon VISA, j’ai opté pour la sécurité et la simplicité en changeant la date de mon départ au 25 juillet.

lundi 9 mai 2011

Un goût d’été 98


Affiche de la finale avec au centre le
capitaine MS Dhoni qui pour l'anecdote
se rasera la tête après le match

Samedi 02 Avril : Aujourd’hui a lieu la tant attendue final de la coupe du monde de cricket. Pour fêter l’événement, je rejoins des amis français dans un bar de Bandhra à 13h (oui comme vous le savez les matchs de cricket commencent à 14h).
J’arrive dans le quartier mais pas de bar en vue, simplement un ascenseur avec une pancarte où je peux lire bonobo et un grand costaud qui se tient sur le coté. J’en conclus donc que c’est surement l’entrée du bar… plutôt original…
L’ascenseur me conduit jusque sur le toit de l’immeuble où est installé le bar avec une magnifique terrasse au soleil. Je me retrouve dans un tout autre pays, en effet ce bar est l’un des plus «branchés» de Mumbai et par conséquent sa clientèle fait plutôt parti de la haute société indienne qui est très … occidentale…

Terrasse du Bonobo

L’entrée du bar est de 1500 Rp soit l’équivalent de 25€. « Cher ! » me direz vous, et je vous répondrai « pas faux » mais pour ce prix, les consommations sont exclusivement gratuites, et pas seulement les boissons mais aussi la nourriture !! Sachant qu’un match de cricket dure en moyenne 6 à 7 heures, nous avons le temps de rentabiliser tout ça^^

Le match commence, l’Inde lance en premier. Après 3 heures d’ambiance de folie (le bar a même engagé des percussionnistes pour jouer à chaque belle action), la première manche se termine sur le score de 274/6 pour le SRI LANKA, cela promet une seconde manche vraiment indécise (si si je vous assure^^).
Après 45 minutes de pause, quelques cuisses de poulet et un mojito, les joueurs reviennent sur le terrain. Virender Sehwag se prépare à batter. Malinga s’élance… WICKET… l’indien est sorti à sa première balle ! Grand silence dans le bar, personne n’en croit ses yeux. Sachin Tendulkar rentre alors en action, le meilleur joueur du monde commence sur les chapeaux de roues avec 14 points en seulement 10 lancers. Malheureusement cela n’est que de courte durée, puisque à la 16 ème balle Malinga (encore lui…) propulse la légende au vestiaire avec ce nouveau wicket. Je vois les visages autour de moi se décomposer, l’Inde n’a presque plus aucune chance de remporter le match après avoir perdu coup sur coup ses deux meilleurs batteurs.

L'équipe indienne célébrant la victoire!

Ce n’était pas sans compter sur la motivation et la rage d’un Gautam Gambhir pas loin de réaliser un Century ou du capitaine MS Dhoni qui réalisera un magnifique 91/79. Ce qui permet à l’Inde de revenir dans le match. Après 7 heures de suspense, Yuvraj Singh donne la victoire sur un dernier 6 points (home run au baseball).
Un retournement de situation digne des plus grands films américains… peut être Bollywood envisage déjà une adaptation cinématographique ?


L’ambiance dans le bar est indescriptible, l’Inde attendait ça depuis 18 ans ! Tout le monde danse sur les tables, les barmans aspergent les clients de champagne, tout le monde exprime son bonheur en étreignant son voisin. L’éternel « We are the champions » retenti dans le bar et les vieux souvenirs du 12 juillet 1998 ressurgissent. C’est assez impressionnant de voir comme le sport peut procurer bonheur et fierté à tout un peuple.

Les rues de Mumbai après le match
Nous sortons finalement du bar, les rues sont bondées, tout le monde est à la fête, les enfants dansent au rythme des percussions sorties pour l’occasion et des klaxons. Je prends un rickshaw pour retourner à Powai, ayant mis plus d’une heure à rejoindre mon appartement, j’en profite pour discuter du match avec le chauffeur. Malgré la langue qui nous sépare (ils ne parlent pas tous anglais et mes notions en hindi sont très réduites...), nous partageons notre joie et refaisons le match.
Sur la route je peux assister à plusieurs scènes de liesse avec des feux de joies, des chants ou encore des danses traditionnelles.

Encore une soirée exceptionnelle pour une expérience indienne exceptionnelle !!

mardi 26 avril 2011

Couleur Café

Je ne sais pas si vous vous souvenez mais dans un précédent article, je vous avais parlé d’une vitrine qui m’avait fortement interpellé de part son nom et ses articles. Je parle évidemment du « Pain Quotidien » cette boulangerie française à 100 m de Gateway of India. Je m’étais promis de retourner faire un tour dans cet oasis made in Paris. C’est pourquoi ce samedi j’ai décidé, accompagné d’une autre expatriée, de me payer un petit déjeuner, comme à la terrasse d’un bon vieux café.

Quelqu'un d'heureux

Nous rentrons dans le magasin, l’odeur de moka et de croissant chaud fait ressurgir les  souvenirs de ces dimanches matin d’été avec le bon café du Peet’ (meilleur café de la région Rhône-Alpes derrière grand-mère…). Nous nous asseyons et contemplons la décoration très européenne.
Je commande un café noir pressé, un pain au chocolat, un croissant et des tartines de confiture à la framboise. Et tout ça… en français !
Ce matin là j’ai pu redécouvrir ces petits plaisirs de la vie que sont de savourer un pain au chocolat ou de tremper un croissant dans la tasse de café après plus de deux mois d’abstinence (Amélie Poulain n’a qu’à bien se tenir avec sa crème brulée et son sac de grain !). Vous pensez que j’en fais trop, demandez ce qu’en penses la demoiselle sur la photo. Ce petit déjeuner était LEGEN … wait for it … DARY !!!
De plus ce moment magique m’a permis de comprendre pourquoi beaucoup d’expatriés aiment se retrouver en communauté. En effet, ce moment très « frenchie » avait quelque chose d’apaisant, de rassurant, comme si on avait jamais quitté la France, on retrouve certains repères qui peuvent parfois manquer et qui entraine quelques coups de blues.
C’est pourquoi je n’ai qu’un seul conseil à donner aux futurs globe-trotters en herbe :

« Respectez la culture et les règles du pays, essayez de comprendre et suivre les différentes habitudes locales qui faciliteront votre intégration et votre vie quotidienne. Mais n’oubliez surtout pas vos racines qui sont un point de repère sur votre identité qui vous permettra de vous intégrer, de partager et de vous épanouir. »

Moralité : Comme le disait le philosophe Timothée Gustave, le Montaigne des Antilles, il faut cultiver la différence et non, l’indifférence !

mardi 19 avril 2011

India vs Pakistan

Affiche de la confrontation
30 Mars 2011 : Aujourd’hui a lieu la demi-finale de la coupe du monde de cricket opposant l’Inde au Pakistan. Quand on connait un peu l’histoire des deux nations, on peut comprendre que cette confrontation est plutôt sensible. Le match entre les deux frères ennemis, l’ambiance est encore plus chaude qu’un certain France Allemagne 1982.
Pour vous faire une idée, mes collègues m’ont informé que plus de 100 000 militaires (je n’ai pas pu vérifier les chiffres mais je leur fais confiance^^) ont été déployés autour du stade avec des postes anti-missiles ou encore des avions de chasses sécurisant la zone.
Le match commence à 14h30. Au bureau la télévision a été installée en salle de réunion pour pouvoir suivre le match. Etant à coté de celle-ci je peux entendre les commentaires d’avant match. Quelques minutes plus tard, j’entends une musique qui commence, l’hymne pakistanais, le match va bientôt commencer. S’en suit l’hymne indien, et là, comme au cinéma mes collègues se mettent debout la main sur le cœur. Un de mes collègues me demande de me lever aussi. Et dire qu’en France certains sportifs professionnels ne connaissent même pas la marseillaise, ici même les étrangers doivent se lever quand l’hymne retentit. Alors excès de patriotisme ?
A la fin de l’hymne tout le monde se rassoit et le match commence. L’Inde bat en premier. C’est le match le plus dur que j’ai vu depuis le début du championnat, la tension est palpable. Comme à son habitude Sachin Tendulkar sort un match exceptionnel qui permet à l’Inde d’être plutôt bien placée pour la seconde manche.


Shoaib Akhtar et Sachin Tendulkar
 les deux meilleurs joueurs de la competition
17h30 : le match continu, pour ma part je rentre à mon appartement. Et pour une fois depuis mon arrivée, aucun bouchon sur la route, il n’y a que les rickshaws et les bus !! Je suis tout simplement stupéfaits par la popularité de ce sport qui fait vibrer presque tous les indiens !
17h40 (et oui le retour a été très rapide) : Mes colocataires sont déjà devant la télé avec des gâteaux et du chai tout juste préparé. L’un d’entre eux a même pris son après midi pour voir le match…
3h30 plus tard et les vingtaines de cri et d’insultes en hindi de Kamlesh, l’Inde remporte finalement le match et se retrouve en final de la coupe du monde qui se déroulera… à Mumbai !!

A samedi donc pour que, peut-être, Sachin rentre dans l’histoire en gagnant le seul trophée qui manque à son palmarès.

lundi 18 avril 2011

Holi Festival



18 mars 2011 : Ce week-end se déroule le Holi Festival que l’on peut traduire par la fête des couleurs en français. Célébrant le début du printemps, les hindous se jettent de la poudre de couleur et de l’eau colorée. Pour fêter cet événement, mon entreprise organise un buffet en fin de journée. Ayant vu les photos du festival de l’année dernière et étant le petit stagiaire étranger je me prépare à un bizutage en bonne et due forme.
17h00 : Aishwarya me dit de la rejoindre sur le balcon, après un moment d’hésitation,  je décide de la suivre. J’arrive sur le balcon où l’énorme buffet nous attend. Je vois les armes du futur crime posé dans un coin : huit tas de colorants de toutes les couleurs prêts à être lancés.
On me sert quelques spécialités indiennes : samoussa, gulab jamun, chips de banane et bien d’autres mets typiquement indiens.
Moi après la bataille
Après avoir dégusté ces différents plats, j’aperçois Ganesh s’avançant lentement vers moi avec un grand sourire. Ca y est c’est le moment je ne pourrais pas y échapper, il me lance donc en plein visage deux poignées de colorant rouge et violet. Me voila coloré de la tête au pied. Mes autres collègues ne tardent pas à se faire avoir aussi. L’ambiance est bon enfant, comme à la soirée annuelle je peux voir Sanjeev s’amuser à lancer la poudre sur ses collègues ou encore Deepti colorer le visage de ses employés. Imaginez votre chef de service faire une bataille d’eau dans les bureaux par exemple…
A la suite de toutes ces agitations, il est l’heure de rentrer… Je dois donc prendre un rickshaw jusqu’à chez moi, les gens dans la rue sont hilares en voyant ce petit occidental qui vient de se faire bizuter. En rentrant, je file direction la douche en perdant tout espoir de récupérer mon t-shirt qui est maintenant multicolore… Je commence à frotter est la surprise, la couleur ne part pas ou très difficilement. Sachant qu’on est vendredi je ne peux pas sortir avec le visage violet et les cheveux rouges sang, on n’est pas le 31 octobre ! Après une heure sous la douche 6 shampoings et une dizaine de rinçage, le violet est complément parti malheureusement ce soir je serai… roux. La coloration dans les cheveux et les sourcils n’est pas totalement parti et me voila avec une jolie couleur cuivré.

Vue de ma cuisine
Le lendemain, je suis réveillé en sursaut à 8h du matin par de grand boum boum dans la rue. Une usine de plasturgie s’est installée dans le voisinage pendant la nuit ? Non, c’est seulement un DJ pour le festival qui va passer pendant toute la journée ce mélange de musique indienne et de techno que j’adore. Dans un niveau acoustique à la limite de l’insouciance…
Je regarde par la fenêtre, et là, un vrai champ de bataille plein de gens du quartier font une bataille de couleur et d’eau, je trouve ce cocktail chromatique grandiose !!
Le soir une parade passe devant l’appartement avec des musiques traditionnelles indiennes.
Cette journée colorée se termine donc au son des percussions et à la lumière des feux de joie qui embrase la mégapole…

Moralité: Faites comme les indiens, mettez de la couleur dans votre vie!

mardi 5 avril 2011

Vastu Puja

12 mars : Aujourd’hui Sanjeev m’a invité chez lui pour participer à sa pendaison de crémaillère dans son tout nouvel appartement. Je prends donc un rickshaw direction Bandhra West où j’ai rendez-vous avec Nitin pour aller ensemble jusqu’à Borivali. Après une heure de rickshaw et 40 minutes de voiture, me voilà enfin à bon port. Le quartier est en pleine construction, nous sommes dans l’extrémité Nord de la banlieue de Mumbai, c’est donc ici que se construisent les nouvelles habitations de la ville. Les travaux de finition sont encore à effectuer dans l’entrée et les couloirs de l’immeuble. Après avoir pris l’ascenseur, nous arrivons devant l’appartement. Sanjeev m’accueille chaleureusement. Avant de passer la porte, j’enlève mes chaussures. En effet, il est de coutume en Inde de quitter ses souliers pour une question d’hygiène essentiellement.

Le brâhmanes pendant son incantation

Une fois à l’intérieur, surprise, un brâhmanes est entrain de prier devant moi. En effet ce que j’appelais une pendaison de crémaillère est en fait une cérémonie religieuse : la Vastu Puja. Cette cérémonie est vraiment très importante pour les hindous. En effet elle permet d’éliminer les ondes négatives et les mauvais esprits de l’appartement.


Après les différentes incantations du prêtre. Sanjeev nous invite à manger quelques douceurs. Au menu, Samoussa, Gulab Jamun ou encore Halwa comme vous pouvez le voir sur la photo ci-contre, je vous avoue que j’ai trouvé ça très bon et que j’ai du en reprendre deux fois (trois pour le Gulab Jamun… j’avais faim…).
S’en est suivi de longues discussions entre collègues, quelques fous rires, avant que la soirée ne se termine et que je reprenne un rickshaw direction Powai pour une petite heure de trajet.

Plus d’un mois que je suis arrivé dans cette ville mais la phase de découverte me semble encore loin d’être terminée avec une culture d’une richesse incomparable et qui, pour certains points, est vraiment aux antipodes de la culture occidentale.